Mercredi 8 mars 2006
3
08
/03
/2006
08:35
mercredi 8 mars
11- Esprit Judo et pratique.
Emerveillement et admiration sont les mots qui traduisent le mieux l’impression que l’on peut ressentir devant un bon judoka. Et un bon judoka n’est pas forcément un champion.
Beaucoup de professeurs « abîment » les élèves en voulant obtenir absolument des résultats sportifs précoces.
Education,attention,maîtrise...
L’enseignement du judo doit porter sur :
-l’éducation du corps (amélioration des qualités physiques)
-le perfectionnement technique (recherche d’une efficacité maximum)
-l’esprit (application des principes d’entraide et de respect mutuel).
Ces trois objectifs indissociables.
Des noms de champions sont plus célèbres que d’autres. Des noms de Professeurs aussi. C’est que le judo, bien fait ou bien expliqué, apparaît tellement simple que l’on ne mesure pas forcément le chemin à parcourir. Ce chemin n’est d’ailleurs jamais le même et chacun avance à sa vitesse. Par contre il est indispensable d’observer les autres pour en tirer des enseignements et pouvoir éventuellement se remettre en cause. Car il y a des routes qui sont meilleures que d’autres.
Essayons de faire un inventaire, en termes usuels, des conditions qui font dire : « c’est un bon judoka ».
Un bon judoka chute bien
Un bon judoka se tient droit
Un bon judoka attaque souplement
Un bon judoka esquive habilement
Un bon judoka ne bloque pas avec les bras
Un bon judoka évolue dans son travail
Un bon judoka respecte les lieux
Un bon judoka respecte les personnes
Un bon judoka respecte les règlements
Le principal ennemi du judoka est la peur. Oui, la peur, qu’elle soit de perdre ou de se faire mal, ou même celle d’être ignoré. La peur nuit au Judo, mais aussi à tous les arts martiaux. Elle est ancestrale et ne demande qu’à revenir.
Le judoka doit utiliser la plus grande partie de son temps à l’étude technique dans différents exercices :
Etude des chutes
Etudes statiques (déséquilibre, placement, projection)
Etudes en déplacements pré-arrangés (sur un ou plusieurs pas et dans plusieurs directions)
Etudes en déplacements libres (Yaku Soku Geiko)
Etudes sur un partenaire qui esquive (Kakari Geiko)
Etudes sur un partenaires qui résiste (Kakari Geiko)
Etudes libres (Randoris)
La compétition (Shiaï) est réservée à partir de la ceinture verte, c'est une épreuve occasionnelle). Elle est obligatoire (sauf rares exceptions) pour la ceinture marron et au dessus, jusqu'à la ceinture noire 5° dan.
Les différentes études ont d’abord pour objet : « lever les inhibitions, et mieux maîtriser son corps ».
La régularité dans l’entraînement est essentielle.
Si chaque jour, je m’efforce de saluer mon partenaire et fais attention à lui, je prends conscience des autres, c’est le respect mutuel et l’entraide.
Si chaque jour je salue le tapis et m’efforce de ne pas confondre le dojo avec un parc d’attraction ou une cours de récréation, je respecte les lieux et les règlements.
Si chaque jour, je m’efforce d’obtenir de meilleurs résultats, j’éduque mon corps autant que mon esprit.
D’autre part, le judo n’est pas une recette de cuisine. Ce n’est pas la quantité de techniques qui fera un bon judoka ! C’est la qualité de l’action et son opportunité.
Enfin, être un bon TORI (celui qui agit) s’est obligatoirement être un bon UKE (celui qui aide). C’est en travaillant avec de bons partenaires que l’on progresse le mieux. Car un travail ne peut-être profitable que s’il est compris des deux partenaires.
Dans l’étude, qui se fait à deux, si l’on se déplace librement et que l’on chute dans le temps, on avance dans la voie du Judo, et celui qui n’avance pas, freine. Celui qui anticipe sur la chute, non seulement régresse mais fait régresser son partenaire.
Mais le Professeur reste aussi un étudiant aux côtés de ses élèves. C’est en quelque sorte le troisième partenaire. Il observe, évalue sans cesse les niveaux, et propose toujours les exercices adaptés et cohérents, afin de perfectionner les bases. Il est le bâtisseur. C’est l’entrepreneur. Car si les fondations ne sont pas bonnes, la maison sera fragile et ne résistera pas au temps et aux intempéries.
-Négliger les bases revient à empêcher les élèves de progresser.
-Proposer trop tôt des exercices durs du type « compétition » risque d’être nuisibles au corps, et à l’évolution.
Rien ne doit être contraire aux principes de sécurité, et au calme de l’esprit de tous les pratiquants en général. Faire comprendre peu à peu, sans lasser, ni brusquer, c’est la tâche principale du Professeur de Judo…
A suivre…
JMO
Tous droits réservés : "11 - Esprit Judo et pratique."